Baja California, « Galapagos de l’hémisphère nord »

Côté Pacifique. Coup d’oeil d’un baleineau voulant faire connaissance.

La Basse Californie est une longue bande de terre qui s’étire en prolongement de la Californie, depuis la ville frontière de Tijuana sur quelques 1 200 km en direction du sud. Elle est bordée par l’océan Pacifique à l’Ouest et se trouve séparée du Mexique continental à l’Est par la mer de Cortez, qui suit la fameuse faille de San Andreas, où se rencontrent les plaques tectoniques Pacifique et nord américaine.

Côté mer de Cortez. Les eaux turquoises de l’île Espíritu Santo.

Cette situation géographique particulière a donné lieu au développement d’une flore et d’une faune singulières dont plusieurs espèces sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne trouve nulle-part ailleurs. Espacées au maximum de 200 km et au minimum de 45 km, les deux côtes maritimes sont séparées par une chaîne de montagnes au centre.

En traversant les montagnes depuis la mer de Cortez jusqu’au Pacifique, au centre de la péninsule.

Avec des courants froids venus d’Alaska, la côte Pacifique bénéficie d’un climat plus humide et plus froid que la partie Est bordée par une mer aux eaux chaudes. A cela s’ajoutent une activité volcanique et des reliefs d’altitude différente qui résultent en de divers micro-climats et paysages.

Printemps dans le désert.
Les Cardons sont des cactus endémiques aux pieds desquels nous aimons camper.

Dans le désert, on compte plus de 110 espèces de cactus dont la plupart sont endémiques. On trouve donc des cactus géants, les Cardons (pouvant atteindre 20 mètres de haut ce sont les plus grands au monde), des Agaves (qui servent à l’élaboration de la Tequila et du Mezcal), des Palos verde (petits arbres vert à l’ombre desquels nous faisons nos pauses), des Yuccas, du Jojoba, des Cirios et des Torotes (sorte de baobab miniature) pour ne citer qu’eux.

Mais il y a aussi de nombreuses Oasis et sources d’eau chaude en raison de l’activité du sous-sol. Elles voient fleurir des Palmiers, Papyrus, Manguiers et autres Papayers.

Retrouvailles joyeuses dans l’Oasis de San Ignacio avec Franz et Matti.

Les lagunes des Oasis hébergent des écrevisses mais également des grenouilles-taureau qui chantent en produisant le son d’un beuglement qui nous a d’abord fait penser qu’il s’agissait d’un âne :).

Grenouille-taureau dans l’Oasis de San Ignacio.
Oasis de Mulege. Des sources d’eau thermale et une belle forêt de Palmiers.

La péninsule compte également des Mangroves qui abritent divers espèces d’oiseaux aquatiques, quantité de crabes des poissons trompettes et des poissons-ballons.

Mangrove au sud de La Paz.

Lorsque nous traversons la Baja California Norte, en mars, il fait encore bon, voire même « froid » aux dires des locaux. Les températures varient entre 15°C la nuit et 25°C en journée. Mais passée la Semana Santa (Pâques), l’été commence à s’installer. Les journées sont très chaudes et même sans faire de vélo, on commence à suer. Du coup, alors que nous le pensions impossible, nous partons le matin au saut des matelats gonflables sans déjeuner.

Lorsqu’il fait trop chaud, on troque la tente pour la moustiquaire et on remballe vite les affaires alors même que les enfants dorment.

On remballe vite fait, souvent alors que les enfants dorment encore et on essaie de prendre le soleil de vitesse en avançant un maximum avant 10h du matin. On s’arrête alors pour une longue pause, avant de repartir quand les rayons du soleil sont obliques, vers 16h. La difficulté : trouver de l’ombre dans le désert en milieu de journée. On a beau traverser des endroits qu’on pourrait qualifier de “forêt” de cactus, l’ombre se fait rare quand le soleil est au zénith et quand elle existe, elle a souvent était occupée par d’autres avant nous, notamment par les vaches. Difficile alors de trouver la place suffisante pour étaler notre nappe de pique nique au milieu des bouses …

On remercie les Palos verde de nous offrir l’un des biens les plus précieux dans le désert après l’eau: l’ombre.

Parfois, nous nous arrêtons à l’ombre de petites chapelles ou autel le long des routes. Elles sont construites en l’honneur de la Virgen de Guadalupe (la sainte du Mexique) ou de Jesus. Ce sont des personnes privées qui les édifient mais les offrandes laissées par les gens venus se recueillir et allumer un cierge, sont régulièrement ramassées par el Padre (le prêtre).

Il y a encore de l’ombre lorsque nous passons devant le petit autel le long de la Baía Concepción.

Mais quelles soient chaudes ou froides, il y a des nuits qui sont chargées d’eau. Certains matins, lorsque nous dormons dans la moustiquaire, nous nous réveillons en ayant les sacs de couchage véritablement mouillés. On comprend alors d’où vient l’eau nécessaire aux animaux et aux plantes du désert.

Rosée du matin sur la tente, au milieu du plus désertique des endroits : les salines.

Traces de vie humaines

On passe devant des ranchos (ranchs), perdus au milieu de nulle-part. Bien souvent, on ne voit pas d’habitation, mais une barrière et de nombreuses vaches au bord des routes, ainsi que des chèvres et des chevaux. Ils se balladent librement dans le désert. Ils rentrent d’eux-même au bercail. Parfois un ranchero (cow boy) à cheval va les regrouper.

On sent les odeurs des poubelles brûlées lorsque l’on est prés des villages, mais aussi l’odeur des cadavres d’animaux en décomposition. Ce sont des vaches, des coyotes ou des chiens, renversés par les voitures alors qu’ils traversent et qui font le bonheur des Urubus à tête rouge, les vautours qu’on voit régulièrement survoler au-dessus de nous.

Gustave Eiffel au Mexique

Gustave Eiffel est l’auteur de cette Eglise de fer, fabriquée en France et édifiée à Santa Rosalía. Il avait des parts dans la compagnie minière de la ville.

Au niveau des rencontres que l’on évite à tout prix: les serpents, les scorpions et les Mygales. Mais au final, nous n’aurons croisé la route que de deux serpents, dont un crotale ou serpent à sonnette, tous deux se prélassant sur le goudron surchauffé par le soleil. Quelques scorpions de très petite taille, couleur de sable et qui se baladaient vers l’entrée de nos chaussures (d’où notre routine de rappeler chaque matin aux enfants de bien renverser et secouer leurs chaussures avant de les mettre). Et deux Mygales, dont une au prise d’une guêpe géante !

Le désert pique

Au moment de partir, on se rend compte que Marla a encore crevé.

Dans le désert, il y a beaucoup de soleil, pas d’eau ou très peu, pas d’ombre à midi et … beaucoup d’épines. Mika surtout en sait quelque chose, lui qui ne résiste pas à fouiller partout à la recherche du plus beau des cailloux ou à creuser le sable avec sa pelle. On doit lui retirer régulièrement les épines des mains ou des fesses avec la pince à épiler. Cela fait parti de nos nouveaux enseignements : secouer ses chaussures, ne pas mettre les doigts dans les trous où on ne voit pas par qui ils sont habités et éviter les cactus ! Mais malgré ses expériences malheurseuses, Mika reste fasciné par les Saguaros et les Cardons. Marla quant à elle, fait exploser nos statistiques de crevaison: 3 fois en un mois ! Petits débris de bord de route, verre, métal, épines … Nous aussi, on doit bien regarder où l’on met nos roues.

Ferocactus fordii en fleur.

Au menu de la famille Balbuzar pêcheur, un poisson pêché sous nos yeux.

Baleineau et maman baleine grise en pleine discution avec Marla et Franz.
Guêpe Tarantula hawk neutralisant une Mygale afin de déposer son oeuf dans son abdomen. Elle peut mesurer jusqu’à 5 cm, sa piqûre est la plus douloureuse parmi les insectes. Heureusement, elle n’est pas agressive et ne s’intéresse pas aux humains.
Nage avec les Otaries de l’île de Espíritu Santo.
Il y a même des requins baleine avec qui nous avons nagés ! Une expérience inoubliable.

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