Réflexions d’une cyclovoyageuse

Du haut de ses 4 ans, sur son mini-vélo, Marla réfléchie sur le monde. (Mexique 2018).

Après deux ans et demi à vélo sur les routes d’Amérique du nord, centrale et du sud, un petit rétropédalage sur mes réflexions de femme-maman-au-guidon s’impose.

Pourquoi écrire un article où je me différencie en tant que femme ? Parce que lutter pour l’égalité des droits, ne veut pas dire nier les différences physiques. Parce que nous roulons, encore et toujours dans un monde à dominante machiste et paternaliste. Et aussi parce que cet article se veut un peu plus introspectif.

Discution entre mamans cyclovoyageuses.
(Colombie 2019).

En cyclovoyage on vit intégralement l’inégalité ou du moins la différence des corps et des prédispositions physiques. Seule Natalie, rencontrée en Alaska, première femme trans à relier l’Alaska et Ushaïa à vélo, était pourvue de muscles très développés. Toutes les autres cyclovoyageuses rencontrées en couple ont tendance à plus pousser leur vélo en montée, tractent moins de poids que leur compagnon masculin et parle plus facilement de fatigue physique.

Rencontre avec Emma du Canada et Jose du Chili.
(Alaska, 2017).

A l’inverse, on n’entend presque jamais les cyclovoyageurs se plaindre du relief ou de l’effort physique fourni. Ils ont d’ailleurs tous tendance à dire que tout est dans la tête. Monter sur 50 km relève selon eux de l’état psychologique plus que physique de la personne, car si vraiment tu le veux, tu le peux.

Pas facile de sortir du sable chargée à bloc.
(Mexique 2018)

Ce n’est pas faux. La force de la volonté est une énergie puissante. Néanmoins, plus on a de gros muscles et plus ça aide. Du haut de mon presque mètre soixante et de mes quarante cinq kilos, tractant jusqu’à 75 kg avec mon vélo, je peux effectivement dire que c’est grâce à la volonté et beaucoup de patience que je suis arrivée à avancer. Mais j’en ai chié.

Sans eau ni nourriture, je ne pèse plus “que” 100 kg et tracte l’équivalent de mon poids. (Nicaragua, 2018).

L’expression est un peu crue mais elle résume bien mes états à quelques moments de notre voyage. J’ai repoussé mes limites physiques c’est sûr, mais je suis aussi allée au-delà à plusieurs reprises. J’ai serré les dents bien des fois, en continuant et espérant à chaque virage de voir enfin apparaître une belle place de camping où enfin descendre du vélo et poser la tente.

Encore un endroit où maman n’arrive pas à monter en pédalant. Marla doit pousser. (Mexique, 2018).

Pour revenir sur les spécificités féminines, notre corps est réglé sur notre cycle menstruel, avec les douleurs au ventre et les différents besoins de notre corps à différents moments de notre cycle. Côté purement pratique, ce n’est pas forcément simple à gérer en camping sauvage, que ce soit en zone désertique, c’est-à-dire sans eau pour se laver, ou encore en zone de grizzli.

En tout, nous avons croisé de près 5 Grizzlis et 12 ours noirs. (Alaska 2017).

En effet, camper à côté d’ours de 500 kg, à l’odorat extrêmement développé quand on a ses menstruations et qu’on sait que le sang des règles les attirent, ne met pas trop en confiance. Surtout lorsqu’on débute l’expérience et qu’on a en tête toutes les lectures qu’on a pu faire sur les attaques de grizzlis.

Une solution pour moins forcer, position tout confort au devant du tandem pinot. (Nicaragua, 2018).

L’accès à la douche ou à des toilettes pas toujours existantes et presque jamais propres, ne permet pas toujours de changer sa coupe menstruelle ou sa serviette hygiénique sans avoir à coller le nez à la porte, les fesses à la cuvette ou au trou.

Meilleurs toilettes: Alaska, Canada, Etats-Unis avec des toilettes sèches très propres et sur les aires d’autoroute au Panama qui rapellent un peu l’Allemagne. (Alaska, 2017)

On peut remercier l’invention géniale de la coupe menstruelle, qui ne fait pas de déchets et empêche le sang de couler à l’extérieur et permet donc de ne pas (trop) tâcher sa culotte et de ne pas trop se sentir sale lorsqu’on n’a pas de douche ou de rivière pour se laver quelques jours durant.

En zone peuplée, on ne peut pas faire pipi partout. Il faut attendre que personne ne soit dans les environs. Même si à la longue, on développe des techniques, comme celle de se soulager côté fossé, protégée de la vue de la route par son vélo tout en le maintenant des deux mains, quand, comme moi, on n’a pas de béquille.

Lorsqu’on s’arrête de pédaler qu’on est en sueur et qu’il fait 40°C à l’ombre, pas moyen de se mettre torse nu s’il y a âme qui vive autour, à moins de choquer avec les coutumes locales, ce qui ne se fait pas.

Changement de chambre à air. (Panama, 2019).

La fausse galanterie qui fait qu’un homme ne peut pas regarder une femme changer sa chambre à air de vélo sans lui offrir son aide m’arrangeait bien au début. Maintenant que je suis devenue experte après avoir crevé des dizaines de fois, ça a le don de m’énerver car la plupart en savent moins que moi. Mais en tant qu’hommes, ils supposent que si, et forcent sur mon pneu, en s’appuyant sur les rayons. Ils comprennent vite que ça ne me plaît pas qu’ils maltraitent ma roue. S’ils ne savent pas, qu’ils me laissent faire !

Changement de chambre à air. (Colombie, 2019).

Point de vue maman, dès qu’ils me voient ou m’entendent, bam ! les enfants me sollicitent. Pas moyen de faire un pas tranquille même si cela s’arrange avec l’âge et le développement de la complicité entre les enfants qui s’inventent mille jeux ensemble.

“Maman, j’ai faim. Quand est-ce qu’on mange ?”.
(Alaska, 2017).

Pour aller aux toilettes, pour les essuyer, lorsqu’ils ont faim… On est sans cesse sollicité. Si je veux avoir une chance de rester plus de 10 minutes sans rien faire, il faut que je change de lieu. Et si je veux poursuivre mes pensées, il faut que je sois sur mon vélo. Car quand je pédale, je suis seule avec moi-même et je ne peux rien faire d’autre que penser, rêver et me poser des questions.

Petite sortie avec maman. (Belize, 2018).

Un des thèmes sur lequel j’ai beaucoup réfléchi en pédalant ces milliers de kilomètres, c’est celui de la situation des femmes. Le sujet ne m’est pas venu de rien, il s’est imposé à moi au fur et à mesure des vies partagées et des histoires racontées au gré de notre voyage.

Des photos de propagande anti-avortement sur les parois de la cathédrale de la place centrale de Guatemala Ciudad. Des tracts anti-IVG laissés dans les chambres d’hôtels miteux au Pérou. Des jeunes femmes qui blâment le recour à l’avortement d’autres jeunes femmes au Costa Rica, sur le thème “elle l’a cherché, qu’elle assume”.

Des histoires d’accouchements traumatisants à tel point qu’on en vient à chercher par tous les moyens quelqun qui te ligature les trompes. Des césariennes non voulues, les mains attachées au lit d’hôpital alors qu’on t’ouvre le ventre. Toutes ces grossesses adolescentes et toutes les mamans de 14, 15 ans croisées et laissées seules si l’homme ne veut pas assumer. Les discutions sur les ados qui “cherchent des hommes plus âgés” et les tentatives d’explications que ce qu’elles cherchent n’a certainement rien à voir avec ce qu’elles trouvent. Les abandons d’enfant maudit. Oui, nous avons rencontré un petit enfant de 2 ans, dont la grand-mère voulait se débarrasser pour cause d’inceste entre frère et soeur et qui a été donné, aux dires des parents adoptifs. Et bien sûr toujours la femme qui est fautive, accusée d’avoir chercher et dont on exige d’assumer.

“Nos corps et nos territoires ne sont pas des marchandises”. (Honduras, 2018).

Et notre rencontre avec des prostituées colombiennes au Panama. L’air très ému de l’une d’elle en regardant nos enfants monter dans le chariot. Son regard plein d’amour et en même temps de nostalgie, et son insistance pour que nous acceptions les gâteaux et la brique de lait qu’elle nous offrait pour les enfants. On s’était arrêté pour manger à côté d’un bar dont l’entrée était interdite “aux mineurs et aux femmes”. Nous n’avions pas fait attention. Nous nous sommes rendu compte du lieu où l’on était lorsque nous avons vu des femmes venir déjeuner en tenues plus moulantes, plus courtes, plus décolletées et plus suggestives que la normale. Certaines avaient l’air d’être arrivées récemment et ne connaissaient pas vraiment l’endroit. C’est lorsqu’elles nous ont vu nous préparer à repartir en vélo avec les enfants qu’elles se sont approchées nous demandant d’où nous venions. En retour de questions nous avons donc su qu’elles étaient toutes colombiennes, de différentes régions, certaines ayant eu des enfants. Elles étaient tellement douces et on sentait qu’elles appréciaient cette rencontre qui leur faisait voir d’autres personnes et une autre vie.

Portrait de femmes sur les murs de Cartagène. (Colombie, 2019).

En Equateur, nous avons été hébergés chez Wilson (nom changé) qui travaille avec des prostituées. Il leur vend du parfum à crédit, selon ce qu’il nous a dit. Nous ne le savions pas au début. Il nous reçoit tellement bien dans sa famille, nous emmène en excursion, nous apprend à cuisiner les plats traditionnels équatoriens, nous offre des noix de coco, etc. Il est très hospitalier, tout comme sa femme et son fils. Nous avons de très bonnes discutions.

Mais lorsque nous avons abordé le thème des femmes, j’ai été scandalisée. Pas tant sur le contenu, entendu mille fois, que sur la forme et sa manière presque innocente de ne pas se rendre compte de ce qu’il disait, d’être tellement représentatif de la société dans son regard sur les femmes d’en être surpris par ma réaction. Il ne pensait pas tenir de propos choquant. Une domination masculine tellement incarnée qu’elle ne se pense même pas, devenue tellement normale, qu’elle est perçue comme naturelle, neutre. Sa surprise quand je lui parle de plaisir féminin, comme si je parlais de quelque chose qu’il n’avait jamais soupçonné.

Portrait de Berta Caceres, assassinée en 2016. Elle cumulait les problèmes: défenseuse de la terre, indigène et femme. (Honduras, 2018).

La discution avait démarrée car je tentais d’en savoir plus sur son “travail” sans pour autant l’offusquer. Le discours du début était le refrain que tout le monde chante: les prostituées gagnent de l’argent, elles sont contentes. Mais sont-elles libres ? Au fil de la discution, il avoue que non, c’est vrai. D’ailleurs beaucoup se confient à lui et lui parlent des violences qu’elles subissent et des coups qu’elles reçoivent. Il dit que lui les respecte. Il donne alors l’exemple qu’il en voit souvent essayer des tenues affriolantes devant lui, devant donc se mettre nues, mais il ne les touche jamais … Je me contiens, je suis son hôte mais je suis dégoûtée de penser à ce que ces filles subissent. Il a une cinquantaine d’années et souffre d’obésité, j’ai du mal à croire que les jeunes filles se déshabillent devant lui de leur propre volonté.

La femme est souvent représentée en gardienne de la vie et de la nature. (Mexique, 2018).

Je lui demande l’âge des filles, elles sont toutes majeurs dit-il, et cela va jusqu’à 35 ans. Au-delà, elles doivent quitter le club, souvent elles se retrouvent sans rien, à la rue, tapinent pour moins et tombent dans la drogue. Les clients sont en majorité beaucoup plus âgés. En ce moment, il y a beaucoup de vénézuéliennes, mais les clients équatoriens préfèrent les colombiennes parcequ’ils les trouvent plus câlines, nous dit-il.

Les organisations humanitaires reçoivent les réfugiés vénézuéliens. Parmi eux, de nombreuses femmes seules ou avec enfants. (Frontière Colombie-Equateur, 2019).

Et en parallèle de ma réflexion sur le statut des femmes en Amérique latine, une plus globale sur l’état du monde. Pourquoi tant de violence ? Quelle en est la cause ? Sur mon petit vélo, je fais l’expérience, notamment lors de notre traversée du Mexique, qui a été la plus intense au niveau du sentiment d’insécurité ressenti, que je ne suis pas à l’aise lorsqu’on passe dans des zones à forte population masculine, qu’on est observé puis doublé à plusieurs reprises par deux jeunes hommes sur une moto, qu’un groupe d’hommes en pick-up ralenti pour nous dire de faire attention à nous. Et je me dis, “je n’ai jamais peur lorsque je passe au milieu d’un groupe de femmes. Je ne me sens jamais menacée au milieu des femmes. J’ai toujours un oeil sur mon vélo et son chargement mais je n’ai jamais peur qu’elles m’agressent ou me mettent un pistolet sur la tempe. Jamais”. Des groupes d’hommes, au Mexique, en Amérique centrale ou en Colombie, j’y pense souvent. Pourquoi ?

Les deux jeunes cyclovoyageuses rencontrées en Equateur, originaires du Brésil pour Renata, et du Paraguay pour Yessica, font leur route en gardant toujours à l’esprit, le “risque homme”, de ne pas camper en zone pétrolière par exemple où le taux de population masculine, en raison des travailleurs, est beaucoup plus important que la population féminine. Elles recherchent les femmes, les familles et les personnes âgées pour poser leur tente.

En zone pétrolière il y a une sur-représentation masculine dans la population locale, de multiples bars et hôtels de passe. (Equateur, 2019).

Lucy, une australienne qui marche seule, tentant de relier à pied Ushaïa et l’Alaska et entrer dans le livre des records comme la première femme ayant accompli l’exploit, est accompagnée de son chien Wombat “pour (la) protéger, ou du moins prévenir du danger”. Si on pose la question à des femmes sur leur technique pour prévenir les assauts sexuels, elles ont toutes une réponse: pas de jogging de nuit, ne pas traverser tel quartier, marcher tête baissée, monter dans la rame de métro peuplée de femmes ou d’anciens quand on voyage de nuit, etc. Si on pose la question aux hommes, aux backpackers, aux cyclovoyageurs, ils rieront certainement.

Dans le métro de la ville de Mexico, il existe des rames réservées uniquement aux femmes et aux enfants. (Mexique, 2018).

Pourquoi ? L’homme n’est pas une menace en soi et la femme n’est pas un ange non plus. Les différences de comportements ne sont pas dûes aux différences physiques, mais à une éducation complètement différente. En Amérique latine, dans les communautés indigènes comme ailleurs, les femmes sont élevées et éduquées pour aider. Les petites filles doivent aider leur maman à laver le linge, à porter les petits frères et petites soeurs. Elles doivent être joliement habillée car elles doivent plaire à leur entourage. On les éduque à être serviables, sans rien attendre en retour. Plus tard, on leur dira de faire attention à elles, de ne pas traîner n’importe où, de veiller à leur réputation et surtout de ne pas multiplier les conquêtes. Au final, elles seront habituées à travailler pour rien, à aider sans rien attendre en retour et à freiner leurs pulsions sexuelles.

Portrait de femme dans les rues de Santa Rosalia.(Mexique, 2018).

Pour les garçons, c’est différent. On ne les élève pas pour aider, faire le ménage, la vaisselle ou s’occuper des petits frères. On les laissera beaucoup plus libres de leurs mouvements, ils peuvent se tâcher, se bagarrer. On les encourage à être forts et plus tard, on les applaudira à multiplier les conquêtes. Résultat, les hommes peuvent rester assis sur leur chaise à donner des ordres autour d’eux pour se faire servir à boire ou à manger, sans aucun complexe. Ils rendront service mais peut-être en échange d’un billet ou d’une bière et surtout, ils considèreront les femmes comme des objets sexuels qu’ils sont complètement libres de posséder s’ils le désirent.

Mural de Diego Rivera représentant l’arrivée des colons, le vol des terres et la mise en esclavage des indigènes. (Mexique, 2018).

Ainsi, alors que les femmes sont en général encore élevées en aiguisant un côté de la nature humaine qui est celui de l’entre-aide, l’homme est élevé en aiguisant en lui le sens de la compétition, de la domination et de la possession.

“Pas de chaussures, pas de chemise, pas de problème. Pas d’argent, gros problème.” (Belize, 2018).

Tel est peut-être le problème de cette société qui ne peut pas se contenter de peu, qui doit toujours exploiter, accumuler, dominer. Le problème ne serait donc pas tant l’éducation des filles, mais plutôt celle des garçons. Si on élevait tous les enfants en cultivant leur sens de l’entre-aide, du partage, de la solidarité, de la simplicité, il est sûr que les humains, la nature, le monde s’en porteraient beaucoup mieux.

Dans les communautés indigènes, les femmes sont les premières à défendre leur terre face aux entreprises minières. (Guatemala, 2010).

On a souvent été reçu dans des familles où la maman ou la grande soeur s’occupait du dîner, des enfants, des animaux, etc. On a quelque fois été reçu dans des familles où les deux parents étaient actifs. Mais nous n’avons jamais été reçus dans une famille où la femme restait assise, buvant sa bière ou regardant la télé, pendant que l’homme s’activait aux fourneaux, le bébé en bandouliére sur son dos, servant et laissant tout le monde manger, lui debout attendant sagement et sans rien dire que tout le monde ai fini pour enfin se rassasier avant de passer à d’autres tâches ménagères. Jamais. Cela nous serez arrivé, nous aurions certainement été choqués ou amusés de la situation. Mais l’inverse paraît tellement normal…

Au Mexique, beaucoup de clips vidéos de musique “ranchera” (l’équivalent pour les paysans mexicains de ce qu’est la “country” aux fermiers étatsuniens), très populaire dans tout le pays, fait l’apologie des narcos qu’on voit toujours entourés de filles à fortes poitrines, dansant à demi-nues devant de gros pick-ups, avec des armes de guerre. L’un des fléau du Mexique, le trafic de drogue pour fournir les Etats-Unis, paraît vraiment comme le résultat de cette mentalité machisto-capitaliste de vouloir toujours plus, d’être celui qui domine, celui qui commande, celui qui possède femmes, argent, voitures, fusils à pompe, piscines, villas, etc.

Fous du volant dans leur gros pick-ups. (Mexique, 2018).

Sur les routes, on en vient aussi à qualifier de machiste cette tendance des chauffeurs, masculins pour la plupart, qui ne prennent même pas la peine sinon de freiner du moins de lever le pied de l’accélérateur quand ils nous croisent, se sentant les rois du pétrol au volant de leur gros pick-ups, leur gros camion ou leur gros bus. Avec le temps, on les force de plus en plus à s’arrêter en roulant au milieu de la route et en leur demandant d’apprendre à respecter plus petit, plus lent et plus faible qu’eux.

A vélo, nous faisons l’apologie de la lenteur. Nous voyageons avec le minimum. Nous ne faisons pas de bruit. Nous ne faisons pas peur. Nous vivons du partage et de l’entre-aide. C’est d’ailleurs l’un de nos carburants pour avancer. Sans la générosité des personnes et de Mère Nature, nous aurions peut-être renoncé. Ce qui rend magique notre voyage c’est qu’on se rend compte que l’entre-aide n’a pas disparu de ce monde fou. Elle sommeille en bon nombre de personnes et elle se réveille très facilement au contact des gens. Il y a donc de l’espoir. Charge à nous tou.te.s de semer, arroser et faire grandir toutes ces petites graines de solidarité qui ne demandent qu’à fleurir. Le reste viendra tout seul: égalité homme-femme, baisse des inégalités, de la violence et du pillage des ressources naturelles.

Enfin, j’espère.

Exemple à suivre: la baleine, force tranquille.
(Mexique, 2018).

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