Sur les bords du fleuve Magdalena

Sur les bords du fleuve Magdalena, à Real de Obispo, nous sommes accueillis comme le messie.

Pour traverser la Colombie, nous avons choisi de suivre le fameux fleuve Magdalena, long de 1 558 km et qui traverse le pays du Nord au Sud. Il coule dans la vallée entre la cordillière centrale et la cordillière orientale des Andes colombiennes, ce qui nous permet donc de ne pas monter trop haut. Le Magdalena fut l’une des premières et principales porte d’entrée à la colonisation, l’exploration puis l’exploitation des richesses du territoire. Aujourd’hui, c’est toujours la porte de sortie du pétrole colombien mais le fleuve reste encore la seule voie d’accès pour nombre de communautés rurales.

Le “malecón” de Calamar, au bord du fleuve Magdalena.

Sortir de Cartagène n’a rien d’une partie de plaisir. Heureusement, c’est dimanche et le trafic est moindre. Nous passons les grandes avenues vides du centre ville pour rejoindre un bras de mer et les mangroves qui longent le marché aux poissons et à la viande avec de fortes odeurs et beaucoup de miséreux traînant les poubelles, pieds nus ou très mal chaussés.

Couché de soleil sur le “malecón” et les taxi-vélos de Calamar.

Arrivé en périphérie, c’est le concert de klaxon, de scooters et motos qui déboulent de partout. Tout le monde double quand ça lui chante et sans vraiment se préoccuper des actions ou du chemin que vont emprunter les autres chauffeurs. Il faut avoir au moins 8 paires d’yeux. Pour regarder devant soi, en dessous pour éviter les nids de poules, à gauche, à droite pour ceux qui s’incrustent sur la voie sans prévenir et derrière pour anticiper sur l’action à venir de celui qui nous suit… On se redit, ce qu’on sait déjà, qu’on n’aime décidément pas passer par les grandes villes et qu’on préfère largement le “campo” (la campagne), pour sa tranquillité de circulation, en plus du fait d’être au contact des “campesinos” (les paysans) avec qui on aime discuter.

Premier embarquement sur un bateau à moteur de Calamar à Real de Obispo.

En ville, les habitants ont besoin d’argent pour vivre. Le contact y est parfois biaisé. Les gens laissent rarement Daniel se balader sans l’interpeler. Moi, je me fond dans le paysage. Beaucoup pensent que je suis colombienne. A la campagne, les gens sont humbles, c’est certain, hormis quelques grands propriétaires terriens, les “finqueros” ou “rancheros”. La plupart n’ont pas beaucoup de revenus, mais ils ont des terres, des arbres fruitiers, du manioc, des poules et donc des œufs, des animaux et donc de la viande parfois. Pour se nourrir, ils dépendent moins de l’argent. En plus de ne voir presque jamais passer d’étrangers ou touristes comme ils disent, les paysans nous accueillent toujours simplement, sans arrière pensée et souvent en nous offrant des mangues, des oranges, des noix de coco ou ce qu’ils viennent de récolter.

Débarquement à Real de Obispo. Les villageois se pressent pour venir nous voir. “C’est la première fois qu’on voit des touristes”, nous disent-ils.

Les colombiens sont curieux, aiment bien discuter et sont fiers de leur pays. La question qui revient souvent est « Y ? Como les trató Colombia ? » (et alors, comment avez-vous été reçus en Colombie ?), la question n’attend bien sûr pas de réponse négative. Ça nous rappelle un peu le Mexique où la population est bien consciente de la mauvaise image du pays à l’extérieur et où les gens ont à cœur d’entendre la confirmation que oui, leur pays est beau et ses habitants charmants. Ce qui est d’ailleurs très vrai.

Marla surveille les affaires pendant que Mika court après les cochons et que Daniel décharge les affaires.

Autre particularité qui rapproche aussi du Mexique, c’est la “bulla” (la fête). Les colombiens sont très “rumberos” (fêtards). Ils aiment danser mais aussi écouter la musique à fond. Il nous arrive parfois de pédaler entre deux maisons qui se livrent une bataille musicale, l’une avec du reggaeton, l’autre avec de la cumbia, les deux, volume au maximum. Et alors que cela nous casse littéralement les oreilles et qu’on pédale le plus vite possible pour ne pas perdre l’audition, des groupes de personnes sont assises autour l’air de rien. On ne sera jamais comment remercier notre bienfaiteur qui, alors que nous tentions de dormir dans un hôtel de passe faute d’avoir trouvé où camper, il a coupé la musique ultra sonore de la “cantina” (bar) d’à côté.

Débarquement, embarquement à Plato.

Mais le comparatif avec le Mexique s’arrête là car, en tant que ciclovoyageur.se.s, nous n’avons jamais ressenti l’insécurité en Colombie comme nous l’avions sentie au Mexique. On dirait que les colombiens n’ont plus peur. C’est ce que nous disent en tout cas, ceux à qui nous avons posé la question. Depuis une dizaine d’années, avec la négociation puis la signature des Accords de paix entre le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), le sentiment d’insécurité et la peur de circuler dans le pays ont fortement baissé et n’ont rien à voir avec les années 80 et 90 où l’on craignait attentats et enlèvements. On a l’impression que les Mexicains vivent aujourd’hui la peur que les colombiens vivaient il y a 20 ans. Malheureusement pas pour tous, car pour celui ou celle qui est syndicaliste, leader paysan.ne, afro-colombien.ne ou indigène, défenseur.se de l’environnement ou journaliste d’investigation, la Colombie reste un pays extrêmement dangereux.

A Plato, nous embarquons sur la “flota”, direction Barbú.

Il fait tellement chaud, jusqu’à 40°C à l’ombre et quelques degrés de plus sur le bitume… Nos 7 bouteilles d’eau sont chaudes à peine 30 minutes après avoir commencé à rouler. Les 6 à 10 litres d’eau que nous avons en réserve dans un sac, chauffent aussi. On pourrait presque se faire un thé. On sue. On a la peau qui devient très salée. Alors on s’arrête au bout de 2 heures de pédale environ pour acheter quelque chose de frais à boire. Comme il y a peu d’offre de jus naturel en bord de route ou en campagne, nous nous rabattons souvent sur les boissons gazeuses qu’on boycottait auparavant. En plus d’être fraîchement sorties du frigo, elles ont l’avantage d’être pleines de sucre, ce qui nous donne un peu d’énergie.

Arrivée à Barbú, la chaleur est toujours extrême. 2 heures 30 de voyage avec une femme venant d’accoucher et son nouveau-né à bord. Les habitants n’ont pas d’autres voies de transport que le fleuve.

Quand on s’arrête dans de petites villes, on en vient même à trouver agréable, le petit vent frais qui s’échappe du dessous des portes de magasins climatisés. Si on dort en « dur », on ne peut trouver le sommeil qu’avec un ventilateur. Heureusement, l’Eglise de Barbú où l’on nous ouvre les portes, bien que très modeste, est équipée de ventilateurs. On le comprend aisément. Sans cela, peu de chance que les fervents se déplacent pour la messe ou ne s’évanouissent. Pourtant les gens ont l’air de dire que c’est normal. Pas de canicule extraordinaire comme lorsque nous avons traversé le Mexique continental entre juin et août 2018 avec des pics de chaleur à 50°C par endroits. Les habitants de la Costa (la région côtière), nous expliquent que c’est comme ça toute l’année avec des moments où les températures tournent autour de 30°C au lieu des 40°C du moment. De plus, personne ne doute que la pluie arrivera en avril, comme chaque année.

A nouveau, nous tenons confèrence à Barbú, sur le parvis de l’Eglise. Après la surprise de nous voir à vélo, la surprise de nous voir cuisiner avec notre kitchinette de camping.

Beaucoup se déplacent à dos d’ânes, des cochons se baladent libres, parfois poursuivis par des meutes de chiens des rues. Et bien sûr, les éternelles poules et dindons qui déambulent et picorent partout où ils peuvent. Il reste encore des communautés privées de routes le long du fleuve Magdalena. Il existe donc encore un service de “flotas”, longues barques à moteur qui peuvent transporter jusqu’à 50 personnes, en plus des cargaisons de maïs, de riz et autres marchandises pour approvisionner les petites “tiendas” (magasins) des campagnes. Sur la “flota” qui nous amène de Plato à Barbú, nous payons 2500 pesos (soit à peine 75 centimes d’euros) pour un trajet de 2h30.

Notre campement pour la nuit, une Eglise avec ventilateur. Nous ne demandions pas plus.

A Barbú, où aucun touriste ne passe, selon les dires des villageois, ce qui est fort probable étant donné qu’il n’y a pas de routes et donc pas de bus pour y accéder, nous sommes les vedettes des enfants et des jeunes qui jouent sur la place centrale, en face de la petite Eglise où l’on nous a permis de poser la moustiquaire. Les enfants sont fascinés. Certains nous demandent si nous venons du Vénézuela, habitués à entendre parler de ces étrangers là.

Mika et Marla sympathisent avec Alison qui vient d’arriver du Vénézuela avec ses parents.

D’autres nous demandent comment les enfants ont appris à parler français et allemands sans bien comprendre le concept de langue maternelle qui ne serait pas l’espagnol ou l’anglais. Et tous s’amusent à demander aux enfants la traduction de mots comme “bonjour”, “merci”, “beau”, “moche”, “yeux”, etc. Les adultes viennent aussi discuter. Certains nous proposent de nous doucher chez eux, ce qu’on accepte volontiers, le soir n’étant toujours pas frais, on a du mal à refroidir le corps, et on sue une minute après s’être mouillé. On économise au maximum l’eau car ils n’ont pas l’eau courante et ramène l’eau du fleuve dans des bidons.

Entre l’arrivée de la “flota” et le village de Barbú, une grande bande sable.

Le lendemain, pour sortir du village, nous suivons “la trocha” (le sillon) marquée par le passage régulier des motos et des chevaux. On traverse des “fincas” (champs), passant en tout 19 portails. On croise des enfants qui se rendent à l’école en vélo.

Surprise des élèves de voir des touristes, à vélo avec chariot et deux enfants dedans !

Tout est sec, bien que le fleuve coule à côté, tout est jauni. On trouve un bel et vieil arbre pour notre pause déjeuner qui s’attarde tant la chaleur est accablante. On sue à grosses goûtes, même assis à l’ombre sans rien faire.

Sous le soleil de plomb de Santa Lucía.

Nous n’avons pas beaucoup d’eau. A un homme qui passe en moto, nous demandons où nous pourrons nous ravitailler. Il nous dit “dans le village que vous venez de passer”. Aucun de Daniel ou de moi n’avons envi de retourner sur nos pas sous le cagnard. Le motocycliste nous propose alors de nous livrer. En échange d’une boisson gazeuse fraîche, nous sommes bien contents de pouvoir économiser un maximum de nos forces et surtout de ne pas trop se faire suer.

De Barbú à Pinto, une piste qui traverse des dizaines de fermes.

Notre route suit le fleuve et les petits villages de pêcheurs qui le bordent. On traverse la campagne profonde de la Colombie qui n’a pas connue la présence de la guérilla.

Entre Tenerife et Plato, tout est sec.

Souvent, le dimanche, l’électricité est coupée. Il paraît que cela est dû aux travaux de maintenance sur le réseau. Il y aussi des coupures d’eau. Sans douche, sans ventilateur, en période de grosse chaleur, dans les petites villes et villages, loin des rivières et des arbres, cela manque.

Les colombiens sont aux petits soins avec nous. Une fois, un motard nous emmène de l’eau, une autre fois à Santa Anna, un jeune emmène Daniel et Mika chercher une pièce à l’atelier vélo.

A Mompox, ville coloniale quelque peu touristique en raison de ses artisants joailliers spécialisés dans le filigrane, nous retrouvons la Happy Family BIOCycling. Cela fait quelques mois que nous avions été mis en contact et il nous tardait de nous retrouver.

Arrivée à Mompox de la Happy Family après avoir battu leur record avec 107 km en un jour.

En effet, la Happy Family est une famille italienne composée d’Alberta et Sebastian et leurs deux filles Angela et Anna, âgées de 11 et 9 ans. Ils sont partis à vélo d’Ushaïa il y a 3 ans et remontent vers le nord. Nous voilà depuis presque 2 ans en route depuis l’Alaska et nous nous retrouvons presque à mi-chemin. Le temps passe trop vite ensemble tellement nous avons de choses à nous raconter.

Avec la Happy Family, nous avons mille et une choses à nous dire.
Apprendre en jouant avec le mémorie créé par Angela et Anna avec tous les drapeaux des pays européens.
On discute tout en bricolant. A chaque pause, il faut réparer, remettre en état, recoudre, laver le matériel, les affaires, etc. C’est plus rigolot à plusieurs.
Super rencontre à Mompox avec la Happy Family BIOCycling.

Sur le fleuve Magdalena et autour, l’activité pétrolière bat son plein. A Barrancabermeja, où nous arrivons et repartons en “chalupa”, petite barque à moteur couverte, l’ambiance est très étrange. Comme dans toutes les zones pétrolières que nous traversons (cela vaut aussi pour les zones minières), flotte un air un peu malsain de fort regroupement de travailleurs hommes, bordé de “cantinas” (bars) et d’hôtels de passe.

“Chalupa” sur le fleuve Magdalena.

A la recherche de bananes pour notre petit-déjeuner du lendemain, je ne m’anime pas à traverser la rue pour me rendre dans la boutique où, à l’entrée, se tient une trentaine d’hommes enchaînant les boissons. Tant pis pour les bananes, je me rabats sur les oranges. Il y a des moments et des endroits où, en tant que femme, on n’aime pas tenter le diable.

Activité pétrolière sur le fleuve Magdalena, de l’exploitation, au rafinement et au transport jusqu’à l’Atlantique dans le port de Barranquilla.

A Puerto Berrío, s’arrête la voie maritime de transport des passagers sur le fleuve Magdalena. La route est construite, elle a pris le pas sur les eaux. En tout, nous aurons remonté presque 500 km en bateau sur les 1 558 que compte le fleuve.

Les “chalupas” de El Banco.

Nous rejoignons donc l’autoroute du soleil. Et effectivement, le soleil cogne et la chaleur est difficilement supportable. Heureusement, nous progressons presque tranquilles, profitant d’un scandale de corruption qui a coupé court à la modernisation de la route. Résultat, nous pouvons rouler sur le projet de quatre voies inachevé, fermé à la circulation des voitures et camions qui continuent d’emprunter l’ancienne route.

Sur l’autoroute du soleil, nous empruntons une piste cyclable qui s’ignore: le projet de quatre voies interrompu pour scandale de corruption.

Juste avant La Dorada (ville du très bon roman « Le bruit des choses qui tombent » de Juan Gabriel Vásquez) nous rencontrons de jeunes vénézuéliens avec leurs enfants en bas-âge qui nous expliquent faire la route de retour pour rentrer chez eux. Ils viennent de discuter avec un chauffeur de poids lourd qui va les emmener sur un bout de route dès la fin de sa pause. La situation est tellement désespérante pour eux ici qu’ils rentrent au Vénézuela… On leur laisse tout ce dont on peut se séparer, notamment des couches et à manger.

Nous sommes toujours sur la route du pétrole en suivant l’autoroute du soleil.

Le lendemain, sur la route qui nous mène à Honda, nous verrons encore beaucoup de réfugiés, se reposant et faisant du stop aux carrefours ou aux stations essence ou encore voyageant sur la remorque des camions. On retrouve les grands axes et le flot de réfugiés vénézuéliens.

Super bien accueillis en warmshower chez Ilmer et Nancy à Puerto Boyaca.

Après Honda, nous empruntons la nouvelle route qui mène à Girardot en passant par Cambao. Il n’y a presque pas de trafic, la route est belle et propre, le rêve du cycliste. On a même vue sur “los Nevados”, les monts enneigés, dont “el Nevado de Ruiz” qui culmine à 5 311 m d’altitude. C’est la première fois depuis un an et demi que nous revoyons la neige, ce qui nous rempli d’émotions.

Entre Honda et Girardot, pas de trafic, la route est toute neuve et on a même un super panorama.

Il fait toujours très chaud. Nous recherchons un endroit où passer quelques jours de repos après avoir bien avancé, lorsque la pluie s’annonce enfin ! Alors que tout le monde nous dit : “Il pleut, vous ne pouvez pas partir”, nous répondons : “Au contraire !”. On attendait la pluie comme le messie. Rouler sous la pluie en terre chaude, c’est le top, surtout après avoir roulé un an et demi sous une chaleur de plomb.

La pluie arrive enfin, juste avant Girardot.

Il pleut 5 jours de suite. C’est ainsi qu’on arrive à un rythme plus effréné que d’habitude au fameux désert de la Tatacoa. Il pleut également dans le désert et c’est magnifique.

Rando dans le désert de la Tatacoa.

Les moments où le soleil brille et bien qu’ayant trouvé un camping avec arbres prodiguants de l’ombre, on sue à grosses goûtes. On n’ose alors même pas imaginer le désert en temps normal, cela doit vraiment être invivable, du moins pour nous.

Paysages magnifiques du désert.
Spectaculaire micro-climat à quelques kilomètres à peine du fleuve Magdalena.

Seul regret, avec un ciel couvert, nous n’observerons pas les étoiles, alors même que le désert est réputé pour la pureté de son ciel, loin des lumières, mais aussi positionné près de l’Equateur et donc permettant d’observer les étoiles des deux hémisphères, comme par exemple la grande ours, visible depuis l’hémisphère nord et l’étoile du Sud, visible depuis l’hémisphère sud.

On retrouve les cactus, comme en basse Californie, au Mexique.

Arrivés à Neiva, la capitale de la région Huila, nous sommes reçus par José Luis et sa famille. Ils s’étaient arrêtés sur le bord de la route alors que nous attaquions une nouvelle belle petite côte, sous un soleil de plomb, juste avant d’arriver au désert de la Tatacoa. Ils nous avaient offert des boissons fraîches et des gâteaux en vrais anges gardiens de la route. On avait échangé nos numéros et ils nous ont proposé de nous héberger lors de notre passage à Neiva.

Juste avant le désert, sur le bord du fleuve Magdalena, des rizières.

A peine le temps de préparer et de déguster les quiches que nous leur avions cuisinées qu’Albatros Morro, journaliste pour RCN (chaîne de télé nationale) et NTV (chaîne locale) contacté par notre famille d’accueil, arrive pour nous interviewer. Il est 19h. Alors, contrairement à nos habitudes, pour les besoins de la télé, nous sortons avec nos vélos chargés et nos tenues de cyclistes, de nuit. Lorsque le journaliste et le caméraman se penche sur le chariot, Mika dort déjà. Marla répond timidement aux questions puis s’endort elle aussi. L’entretien durera une heure.

“Daniel Spring(s) et Marilyne Griff(ó)n, les deux européens qui parcourent l’Amérique en vélo.”

Le lendemain, l’équipe veut nous filmer à la sortie de la ville. Nouveau branle-bas de combat pour sortir du chaos urbain. Après quelques prises, les journalistes nous fixent un autre rendez-vous dans l’après-midi à une trentaine de kilomètres de là dans le village de Campo Alegre. Arrivés au point de rencontre, nous trouvons une aire de jeu. Ce qui tombe bien pour faire patienter les enfants car les journalistes sont à l’heure colombienne, c’est-à-dire sans vraiment d’heure précise. Entre-temps, un ami professeur de José Luis vient à notre rencontre. Il nous hébergera dans son “ranchito” (petite maison de campagne) le soir même après nous avoir offert le dîner en ville.

Interview sur l’aire de jeu de Campo Alegre.

La chaîne RCN est, avec Caracol TV, la principale chaîne de télévision en Colombie, à la botte du pouvoir et de l’oligarchie. Nous l’avons su après, ce qui ne m’a pas permis de placer les termes de “capitalisme” et “néolibéralisme” en expliquant que ce système d’organisation du monde est aux antipodes de notre philosophie de voyage à vélo. Malgré tout, on était très content d’avoir eu l’occasion de partager un petit bout de notre aventure.

“Ils sont partis en mai 2017 d’Alaska, sont passés par les Etats-Unis et l’Amérique centrale”.

A lire pour en savoir plus sur la Colombie et notamment la guerilla et les paramilitaires durant les années noires du président Alvaro Uribe : « Sur les eaux noires du fleuve », de Maurice Lemoine.

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